Etude sur la boulimie et l’hyperphagie boulimique

Quelques chiffres sur la boulimie et l’ hyperphagie boulimique

La Haute Autorité de Santé a mené une étude (novembre 2015) sur la Boulimie et l’hyperphagie boulimique. Selon ce rapport, la boulimie touche 1 à 3% des femmes et 0,1 et 0.5% des hommes. Les formes cliniques moins pathologiques de la boulimie sont 2 à 3 fois plus représentées. Toutefois, malgré la présence de symptômes moins prégnants, ces premiers signes de troubles de l’alimentation peuvent être des facteurs de risque pour l’entrée dans la boulimie, avec ses conséquences physiques et psychiques pour l’individu.

L’étude révèle que la boulimie apparaît en moyenne vers l’âge de 18 ans et touche plus particulièrement les 15-19 ans. L’hyperphagie, quant à elle, est présente chez les femmes dans 1,9% de la population européenne et 3,5% aux Etats-Unis. Outre Atlantique, l’hyperphagie boulimique concerne 2,3% des adolescentes entre 13-18 ans et est un facteur de risque pour des pathologies liées à l’obésité.

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Mais l’hyperphagie boulimique apparaît généralement à l’âge adulte, vers 21 ans, tandis que l’anorexie et la boulimie surviennent à l’adolescence.

Source de l’étude :

http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2015-12/rbp_cadrage_boulimie_mel.pdf

Psychiatrie et boulimie

Psychiatrie et boulimie : quels sont les critères diagnostiques de la boulimie ?

Sur le plan étymologique, le terme « boulimie » puise ses origines du grec ancien bous qui signifie faim de bœuf. La boulimie est un trouble des conduites alimentaires qui se caractérise par des épisodes d’ingestion impulsive de grosses quantités de nourriture, définie également comme des accès d’hyperphagie. Les épisodes boulimiques provoquent chez la personne un sentiment de culpabilité et peuvent être suivis de vomissements. La boulimie est en lien étroit avec les conduites addictives ou avec la toxicomanie sans drogue, les prises de médicaments (laxatifs, des diurétiques, des anorexigènes, etc. ) sont utilisées par la personne afin de réguler son apparence corporelle et de surveiller sa prise de calories.

Le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV) classe la boulimie selon deux types : la boulimie nerveuse avec vomissements ou prise de purgatifs ou la boulimie sans vomissements ni prise de purgatifs.

Le DSM-IV liste les critères diagnostiques de la boulimie :

  • Survenue récurrente de crises de boulimie (« binge eating »). Une crise de boulimie répond aux deux caractéristiques suivantes :
  • absorption, en une période de temps limitée (par ex., moins de deux heures), d’une quantité de nourriture largement supérieure à ce que la plupart des gens absorberaient en une période de temps similaire et dans les mêmes circonstances;
  • sentiment d’une perte de contrôle sur le comportement alimentaire pendant la crise (par ex., sentiment de ne pas pouvoir contrôler ce que l’on mange ou la quantité que l’on mange).
  • Comportements compensatoires inappropriés et récurrents visant à prévenir la prise de poids, tels que : vomissements provoqués, emploi abusif de laxatifs, diurétiques, lavements ou autres médicaments ; jeûne ; exercice physique excessif.
  • Les crises de boulimie et les comportements compensatoires inappropriés surviennent, en moyenne, au moins 2 fois par semaine pendant 3 mois.
  • L’estime de soi est influencée de manière excessive par le poids et la forme corporelle. Le trouble ne survient pas exclusivement pendant des épisodes d’anorexie mentale.

Il existe deux types de boulimie :

  • Type avec vomissement ou prise de purgatifs: pendant l’épisode actuel de boulimie, le sujet a eu régulièrement recours aux vomissements provoqués ou à l’emploi abusif de laxatifs, diurétiques, lavements. 
  • Type sans vomissements ni prises de purgatifs: pendant l’épisode actuel de boulimie, le sujet a présenté d’autres comportements compensatoires inappropriés, tels que le jeûne ou l’exercice physique excessif, mais n’a pas eu régulièrement recours aux vomissements provoqués ou à l’emploi abusif de laxatifs, diurétiques, lavements. 

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En savoir plus :

http://e-psychiatrie.fr/situations-ou-appeler-a-laide/anorexie-boulimie-restriction-alimentaire-amaigrissement-vomissements-honte-crise-psychiatre-psy-paris-controle-tigh-gap/

La boulimie nerveuse et l’hyperphagie

Deux sortes de boulimie…

Les Troubles des conduites alimentaires (TCA) de type boulimique peuvent être de deux sortes, la boulimie nerveuse décrite en 1979 par G.F. Russell ou l’hyperphagie boulimique qui est apparue plus tard en 1994 puis relayée dans le DSM-V de 2012.

L’hyperphagie boulimique est également appelée « frénésie alimentaire » ou « Binge eating disorder », soit le fait de grignoter et d’avoir un accès/une crise de grignotage ou encore d’un grignotage permanent. Généralement, l’hyperphagie génère une prise de poids importante.

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les crises d’hyperphagie boulimique

Dans les crises d’hyperphagie boulimique, l’individu absorbe de grosses quantités de nourriture en peu de temps (moins de 2 heures), avec le sentiment de perdre le contrôle sur son comportement alimentaire. Une grande souffrance résulte de cette absorption massive, elle est physique avec l’apparition de douleurs abdominales et psychologiques avec des sentiments de dégoût, de vide existentiel et de culpabilité.

Contrairement à la boulimie nerveuse, l’hyperphagie boulimique n’utilise pas de comportements qui évitent la prise de poids, l’individu n’a pas recours aux vomissements, à une activité sportive intense ou à des prises de médicaments.

L’hyperphagie est présente dans les états dépressifs et apporte un réconfort et une compensation temporaire. L’absorption excessive de nourriture peut apparaître dans des situations de solitude, d’ennui, de période anxieuse ou pendant des insomnies.

Enfin, si la personne souffre de troubles du comportement alimentaire tel que la boulimie, il est recommandé d’entamer un travail psychologique auprès d’un psychologue, en plus d’un suivi médical et/ou nutritionnel. En effet, il ne faut pas rester seul avec sa souffrance psychique et physique, avec l’aide de professionnels qualifié, les troubles du comportement alimentaire peuvent être surmontés.

La personne boulimique a une perception d’elle-même déformée. Elle est persuadée de son peu de valeur et chaque crise la confirme dans cette idée. D’où la nécessité de se lancer dans un travail psychologique, en plus du suivi médical et nutritionnel. Plusieurs approches sont possibles.

En savoir plus :

http://www.troublesalimentaires.org/hyperphagie.htm

La boulimie

La boulimie est un trouble des conduites alimentaires

La boulimie s’inscrit dans les Troubles des conduites alimentaires (TCA) et est généralement associée à l’anorexie mentale. Ces deux entités cliniques ont en commun l’altération de la perception de la forme et du poids corporels.

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En 1979, G.F. Russell publie un article « Bulimia nervosa: an ominous variant of anorexia nervosa » dans lequel il décrit une forme d’ « anorexie nerveuse » qu’il qualifie de « boulimie nerveuse ». Son observation clinique l’amène à définir les caractères spécifiques de ce trouble alimentaire, la boulimie nerveuse présente :

  • Des crises fortes et irrésistibles de suralimentation
  • Des stratégies mises en place pour ne pas prendre de poids, par la prise de médicaments et par des vomissements répétés
  • Une angoisse terrible de prendre du poids

En savoir plus :

La boulimie